du DUT au BUT
Article mis en ligne le 25 novembre 2020
dernière modification le 22 février 2021

NOUVEAUTÉ RENTRÉE 2021
Transformation des DUT en BUT (Bachelors Universitaires de Technologie)

Article de l’ONISEP

Le BUT est un diplôme préparé en 3 ans qui remplace le DUT.
Déroulement des études, spécialités proposées
par les universités, débouchés...
retour sur l’essentiel à savoir sur le bachelor universitaire de technologie.

- Admission
La sélection se fait sur dossier avec un bac. Les candidatures en BUT sont gérées par la plateforme Parcoursup.

En plus du dossier de candidature comportant vos bulletins scolaires, il peut vous être demandé de passer des tests et/ou un entretien de motivation.

Dans chaque académie, 50 % de places devraient être réservées aux bacheliers technologiques pour les BUT de spécialité proche.

- Organisation des études
3 ans d’études au sein d’un IUT (institut universitaire de technologie).

Les BUT se préparent dans un IUT, structure interne à l’université. Accès à la bibliothèque universitaire, au laboratoire de langues... l’IUT offre les avantages de l’université, avec un encadrement renforcé.

Organisée sur 6 semestres, la formation comprend une majeure et des modules complémentaires choisis en fonction du projet personnel et professionnel. La formation menant au BUT s’inscrit dans le schéma européen LMD, ce qui favorise les passerelles avec les licences et inversement.

La formation alterne CM (cours magistraux), TD (travaux dirigés) et TP (travaux pratiques). Les étudiants bénéficient d’un soutien pédagogique et méthodologique important. La 3e année, professionnelle, prévoit des enseignements spécifiques orientés sur la technologie et les projets.

Ils peuvent effectuer un séjour à l’étranger (semestre d’études ou stage en entreprise) pendant le cursus via le programme européen Erasmus +.

- Rythme de travail
Comptez environ 35 heures par semaine réparties entre les cours et les projets tutorés. Soit quasiment autant qu’en terminale.

Les étudiants des spécialités industrielles (c’est-à-dire se formant aux activités du secteur production) suivraient 2 000 heures d’enseignement, tandis que ceux des spécialités tertiaires (activités du secteur des services) suivraient 1 800 heures d’enseignement.

Beaucoup de travail personnel s’y ajoute, sous forme de DM, des devoirs à la maison. Le rythme assez soutenu de cette filière exige constance, rigueur et organisation. L’assiduité aux cours est obligatoire. Elle conditionne le passage d’une année à l’autre et l’obtention du diplôme.

- Au programme
Les élèves étudient une spécialité professionnelle dans une branche d’activité. Les BUT couvrent chacun un domaine professionnel assez large et permettent de s’adapter à une famille d’emplois (ex. : gestion logistique et transport ; carrières juridiques). Avec l’acquisition de compétences professionnelles multiples et une solide culture générale, le BUT vise la polyvalence.

Les BUT sont définis par :

  • 24 mentions (correspondant aux spécialités du DUT qu’il remplace) avec, pour chacune, des enseignements communs
  • un ou plusieurs parcours commençant au 3e semestre (ou plus tôt quand ces parcours correspondent aux anciennes options du DUT), avec, pour chacun, des enseignements spécifiques.

Le programme du bachelor universitaire de technologie propose :

  • un programme national, sur deux tiers du volume d’heures
  • des adaptations locales, sur un tiers du volume d’heures. Ce qui permet de prendre en compte l’environnement local et la réalité du monde professionnel. Les formations sont ainsi adaptées à l’évolution des métier.

- Validation des études
Le diplôme est délivré sur la base du contrôle continu. Une validation des connaissances est organisée à la fin de chaque semestre (30 crédits par semestre).

Le BUT correspond à 180 crédits européens soit un niveau bac + 3. Ceux qui ont validé 120 crédits obtiennent le diplôme intermédiaire de DUT (diplôme universitaire de technologie, à bac + 2) à l’issue de leurs deux premières années.

- Diplôme
Le BUT est un diplôme national. Il a la même valeur quel que soit le lieu de préparation. Il sanctionne une formation générale et technologique dans un domaine professionnel et confère le grade de licence.

À noter : il existe d’autres diplômes professionnels à bac + 3, notamment le DN MADE (diplôme national des métiers d’art et du design), le DCG (diplôme de comptabilité et de gestion), les licences professionnelles ou les bachelors en ingénierie du réseau Figure.

- Professionnalisation
La formation mise sur les travaux pratiques et des cours assurés par des professionnels du secteur. Les deux tiers des enseignements sont destinés à acquérir des compétences professionnelles.

Une place est accordée au travail en mode projet, avec 600 heures de projet tutoré, et de 22 à 26 semaines de stage en entreprise.

Les élèves souhaitant se confronter davantage au monde professionnel peuvent opter pour l’apprentissage. Cette modalité d’études, généralement proposée en 2e et/ou 3e année, concerne environ une formation sur cinq, avec des variations selon les domaines. Motivation indispensable, car le programme d’études n’est pas allégé pour les apprentis.

- Et après ?
Avec un niveau bac + 3, les titulaires de BUT auront davantage accès au marché du travail.

- Insertion professionnelle
Les débouchés sont globalement satisfaisants. Les conditions d’embauche sont plus favorables pour certaines spécialités, notamment industrielles et commerciales.

- Poursuite d’études
La formation à la fois générale et professionnelle du BUT favorise la poursuite d’études. Les possibilités varient selon les spécialités et les conditions d’accès (dossier, examen, entretien).

  • À l’université, rejoindre une licence, pour ceux qui ont validé 4 semestres du BUT, en vue de préparer ensuite un master (bac 5). L’accès en L2 (2e année de licence) ou L3 (3e année) se fait sur avis de la commission pédagogique de l’université ; il est également possible de postuler en 1re année de master dite M1, pour ceux qui ont obtenu leur diplôme BUT.
  • De nombreuses écoles d’ingénieurs accueillent les étudiants venant d’IUT, par le biais de leurs admissions parallèles. Le nombre de places affectées à ces profils et les spécialités de diplôme admises varient d’une école à l’autre. Avec la réforme des cursus en IUT, les modalités d’accès en école pour ces candidats sont encore à préciser.
  • Les prépa en 1 an ATS (adaptation technicien supérieur) accueillent les titulaires d’un DUT dans l’une des spécialités proposées, selon son projet : biologie ; ingénierie industrielle ; génie civil ; métiers de la chimie.
  • Les écoles vétérinaires recrutent elles aussi des techniciens supérieurs, passés ou non par une prépa ATS bio.
  • Les écoles de commerce et de gestion ont mis en place des admissions parallèles. Le nombre de places ouvertes est variable suivant les écoles. Certaines spécialités de BUT sont plus adaptées que d’autres. Quelques lycées proposent une préparation en 1 an aux concours d’entrée à bac + 2 : prépa ATS économie-gestion.

Publication : 9 décembre 2020

Article du CIDJ

Du DUT au BUT : quels sont les changements liés à la réforme ?

A partir de la rentrée 2021, les IUT pourront proposer un parcours en 3 ans, conférant le grade de licence aux étudiants qui seraient diplômés d’un BUT (bachelor universitaire de technologie).

Une réforme de la licence professionnelle a été engagée par le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Publiée au JO (journal officiel) en décembre 2019, cette réforme créé une nouvelle licence professionnelle qui sera dispensée dans les IUT (instituts universitaires de technologie). Appelé bachelor universitaire de technologie (BUT), ce nouveau diplôme conférera un niveau bac + 3 aux étudiants des IUT.

- Les contours du BUT
A partir de la rentrée 2021, les IUT devront proposer un parcours de formation en 3 ans, conférant aux étudiants 180 crédits ECTS. Mais attention la création de ce nouveau diplôme ne supprime pas le DUT. Les étudiants de ce nouveau parcours de licence professionnelle pourront également être sanctionnés au niveau intermédiaire de 120 crédits (niveau bac + 2) avec la délivrance du DUT.

Ce nouveau parcours en 3 ans permet d’obtenir le grade de licence avec la possibilité de se réorienter dès la 2e année grâce au jeu des passerelles prévues dans l’arrêté qui rappelle que "l’établissement assure la flexibilité des parcours et (...) la réorientation des étudiants par l’organisation de passerelles entre formations".

En première année de BUT, au moins 50% de bacheliers technologiques devraient être accueillis. Les spécialités existantes déjà dans le cadre du DUT devraient être conservées. L’arrêté prévoit le suivi de 2 000 heures d’enseignements encadrés pour les spécialités du secteur "production" et 1 800 heures pour les spécialités du secteur d’activités "services". Une place serait faite au travail en mode projet et les étudiants suivraient 600 heures de projet tutoré ainsi que 22 à 26 semaines de stage.

Le bachelor universitaire de technologie s’appuiera, pour deux tiers du volume d’heures, sur un programme national et pour un tiers sur des adaptations locales permettant ainsi de prendre en compte l’environnement local et la réalité du monde professionnel.

- Vers la fin du DUT ?
L’assemblée des directeurs d’IUT, réunie en septembre 2019, a émis un avis favorable à l’évolution de la formation en IUT avec la création d’un parcours de licence professionnelle nommé bachelor universitaire de technologie. Mais cette réforme inquiète aussi et une tribune a recueilli plus de 2 600 signatures dont des personnels d’IUT.

L’une des premières inquiétude concerne la possible disparition du DUT. Officiellement, le diplôme ne disparaîtra pas puisqu’une qualification intermédiaire, au bout de 2 ans, sera toujours possible. En revanche, certains professionnels d’IUT craignent tout de même une disparition progressive de ce diplôme. Le DUT pourrait, petit à petit, être oublié, non seulement des étudiants qui ne demanderaient pas la certification intermédiaire, mais aussi des recruteurs. Or, aujourd’hui ce diplôme bénéficie d’une grande reconnaissance dans le monde professionnel.

Autre inquiétude : la baisse du volume d’heures d’enseignement suivi par les futurs étudiants en BUT. Le volume d’heures global d’enseignement diminue avec le BUT, par rapport au nombre d’heures suivies en DUT. En effet, actuellement, en 2 ans, les étudiants suivent 1 620 à 1 800 heures de cours. Avec le BUT, ils suivraient, en 3 ans, de 1 800 à 2 000 heures soit le passage de 810 ou 900 heures de cours par an dans le cadre du DUT, à 600 ou 666 heures annuelles avec le BUT.

Dernier point sensible de la réforme : le niveau du BUT sera-t-il moins élevé que celui du DUT ? Actuellement, les bacheliers technologiques représentent 32% des étudiants de première année de DUT, contre 63% de bacheliers généraux. La réforme entend imposer 50% de bacheliers technologiques en BUT pour donner davantage la chance à ces profils d’intégrer la filière.

Pourtant, en regardant les chiffres officiels, les bacheliers technologiques semblent moins bien préparés à poursuivre en études supérieures . Ils réussissent moins bien en IUT que les bacheliers généraux. D’après les chiffres du ministère, 74% des bacheliers généraux sont diplômés d’un DUT en 2 ans contre 51% des bacheliers technologiques. Pour permettre aux 50% de bacheliers technologiques de réussir leurs études, les personnels des IUT craignent de voir une diminution du niveau dans la filière.

Marine Ilario © CIDJ
Article mis à jour le 29-01-2020 / créé le 31-10-2019

→ BUT, le diplôme des IUT